Reporting

Benjamin MERCURIALI / Août 2022

Après plus de 12 ans passés à mettre en place, établir et exploiter du reporting énergétique, il me semblait important de partager notre retour d’expérience. 

Le reporting énergétique en est à sa troisième génération

Il n’a pas échappé ces 5 dernières années au besoin de digitalisation, ni à la course effrénée à la donnée et à son exploitation. Ce sujet devient chaque jour un peu plus d’actualité au vu du contexte macro et micro économique. Le suivi énergétique est désormais au cœur de la stratégie des acteurs de l’immobilier et de la relation avec ses utilisateurs, les locataires.

Nous évoquions trois générations…

Première génération : celle des « précurseurs »

Elle était basée sur un reporting établi à la main par des équipes convaincues de l’importance du processus, sur la base de toutes les sources disponibles : RMA, relevé de compteurs, saisie de factures…

L’objectif de ces premières démarches de reporting (et leurs limites) était d’obtenir une première vue d’ensemble de la consommation réelle d’un patrimoine immobilier et de l’impact théorique des actions associées (passage de la consommation théorique à la consommation réelle).

Malheureusement cette « génération » devait investir d’importants efforts et moyens humains pour récupérer les données, et pouvait difficilement espérer un reporting exhaustif. En outre, la multiplicité des sources de data et leur granulométrie ne permettaient pas de capitaliser sur ce reporting afin d’identifier des actions d’efficacité énergétique sans un travail complémentaire. 

Nous aborderons ultérieurement l’évolution des méthodes d’évaluation de la qualité technique des actifs lors des phases de transaction. Or c’est bien ce dont il est question ici.

Nous le savons, le plus important concernant la donnée est de pouvoir l’exploiter pour la transformer en actes pérennes et qualitatifs, afin de la valoriser.

Seconde génération : celle des « disrupteurs »

Cette génération a été imaginée par les premiers pourvoyeurs de données automatiques, qu’elles proviennent d’échanges d’informations avec les distributeurs, et / ou de déploiement d’Iot.

La force introduite par cette deuxième génération : le gain de temps notamment en termes de collecte d’information, mais aussi l’accès à de nouvelles possibilités d’analyse de masse (disons plutôt un accès facilité).

Sa faiblesse : croire que tout est automatique, normé et exhaustif. En effet le gain induit en efficacité a été, du côté de cette génération, parfois contrebalancé par la perte de maitrise induite par le déport de la responsabilité dudit reporting à un tiers, et / ou le « faux » sentiment de maitrise associé.    

Troisième génération : celle des « Asset Managers Verts »

Il s’agit là d’un métier hybride qui pour nous chez AEGILIM est un des métiers clefs et d’avenir de l’immobilier.

Par une parfaite connaissance de ses actifs immobiliers, une compréhension des données énergétiques et une collecte premium desdites données, l’Asset Manager Vert sera enfin en mesure de mener les actions d’efficacité énergétique de qualité indispensables pour répondre tant aux besoins réglementaires toujours plus importants, qu’aux attentes de ses locataires et au nécessaire verdissement de son parc.

Ce métier transverse n’existe pas encore réellement, cependant nous constatons à ce jour une demande croissante de la part des investisseurs immobiliers sur un sujet qu’ils ne maîtrisent pas pleinement, et dont la demande est de plus en plus forte.

La géométrie variable du spectre d’intervention allant de l’asset management pur à l’energy management, la gestion de la technicité, de la valorisation de l’actif et ou encore des modes de financement rendent l’exercice complexe.

En outre, nous revenons à la base, et ceci est une conviction forte que nous portons depuis longtemps chez AEGILIM. Toutes ces actions d’efficacité énergétique ne pourront être vraiment efficientes et résiliantes que si et seulement si la data énergétique (et plus largement ESG) est à la fois qualifiée et maitrisée, mais surtout croisée avec les données métiers de l’immobilier afin d’en adresser les enjeux spécifiques.

En effet il reste très (trop) facile, encore aujourd’hui, de se borner à prescrire des actions certes vertueuses sur le papier, mais dont le modèle économique n’est pas adapté aux cycles spécifiques de la valorisation immobilière.

AEGILIM soutient activement cette troisième génération

Ayant eu la possibilité d’accompagner l’émergence de chacune de ces générations de reporting énergétique, il nous appartient aujourd’hui d’œuvrer, avec d’autres mais aussi avec nos clients, à la valorisation de la compétence de cette jeune filière et à son ancrage à moyen et long terme.

Pour ce faire, nous pouvons compter d’une part sur la hausse significative des coûts d’approvisionnement énergétique (dont le coût sur la gestion des actifs n’est encore que très partiel, et pris en compte par un petit nombre d’acteurs sur le marché).

D’autre part sur l’émergence des outils rendant économiquement possible la recherche de la sobriété. Et enfin, sur le prix désormais équivalent de production de l’énergie électrique photovoltaïque avec celui de l’approvisionnement réseau.

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